La pandémie de COVID-19 affecte l’économie mondiale et tous les secteurs d’activité sont concernés. Qu’en est-il de la Fintech ?

Des impacts négatifs conséquents, en particulier pour les leaders du paiement

Certaines grandes entreprises du secteur financier ressentent déjà les effets néfastes de la pandémie de coronavirus. Des géants comme Mastercard et Visa ont notamment renoncé à leurs prévisions de revenus suite à l’emballement des marchés causé par le COVID-19. L’achat de billets d’avion – une des transactions les plus courantes faite par carte de crédit – est une pratique boudée par une grande majorité de personnes dans le monde. En raison des restrictions de voyage, de nombreuses compagnies aériennes sont obligées d’annuler ou de rembourser des vols, et les voyageurs sont de plus en plus nombreux à devoir rester isolés dans leur pays d’origine. Résultat : un manque à gagner énorme pour toutes les parties, avec notamment une perte de revenus estimée à plus de 250 milliards de dollars pour l’aviation.

D’autres entreprises font état de pertes massives. A cause du virus, le commerce électronique a enregistré une forte baisse qui concerne tous les articles, de l’achat de vêtements au mobilier d’intérieur. Les gens ne mangent également plus au restaurant, ne sortent plus dans les bars, encouragés par les gouvernements à rester en confinement. Des secteurs d’activité entiers sont ainsi à l’arrêt. Des Fintech comme Square, Stripe ou SumUp, qui fournissent des terminaux de paiement enregistreront donc aussi des pertes, car toutes les entreprises clientes de ces solutions ne recevront plus de paiements pendant une durée indéterminée.

Des répercutions positives, avec le déploiement de solutions Fintech pour faire face à la pandémie

Certaines entreprises arrivent tout de même à bénéficier de cette crise exceptionnelle. La pandémie a en effet encouragé de nombreuses sociétés à adopter des solutions Fintech dans le cadre de leur activité. Celles qui permettent d’automatiser des tâches ou de les effectuer à distance comme les solutions de transferts de fonds, paiements sans contact, ou produits hypothécaires auront le vent en poupe.

Le fournisseur de logiciels hypothécaires Blend, qui compte 230 clients bancaires, a par exemple connu des pics d’utilisation. Depuis début mars, le volume des demandes de refinancement exécutées via Blend a augmenté de 1 500% à 2 000% par rapport à l’an passé. La société a également vu une augmentation de 85% à 95% des demandes de rachat d’hypothèques. Avec ces volumes accrus, l’ensemble de la plateforme Blend reçoit entre 15 000 et 20 000 demandes par jour et traite des prêts quotidiens. Timothy Mayopoulos, président de Blend, a quant à lui déclaré que « le coronavirus crée un sentiment d’urgence supplémentaire pour les institutions financières, qui étaient peut-être sur le point d’investir dans les technologies hypothécaires numériques auparavant ».

Les paiements mobiles et sans contact deviennent aussi de plus en plus populaires à cause de la pandémie. Ils sont d’ailleurs encouragés par de nombreux pays, afin d’endiguer la propagation du virus via la circulation d’argent physique. En Corée du Sud, où la réglementation était autrefois considérée comme assez stricte dans le domaine des technologies financières, l’Etat est dorénavant prêt à assouplir les réglementations. L’objectif étant d’atténuer la diffusion du virus, et de mettre en place des initiatives qui ont un impact plus important sur l’économie.

Le fournisseur de paiement mobile et en ligne PayPal a d’ailleurs connu un bon quatrième trimestre 2019, bien que l’épidémie de coronavirus ait commencé le 1er décembre. L’entreprise a généré un résultat net en hausse de 13% par rapport au troisième trimestre. PayPal reste toutefois prudent quant aux impacts de la pandémie sur son activité. La société a récemment abaissé ses prévisions de revenus de 15% par rapport à celles fournies le 29 janvier dernier. Elle a d’ailleurs récemment affirmé dans un communiqué de presse que « les tendances commerciales de PayPal restent fortes. Cependant, l’activité de commerce électronique international a été affectée négativement par le COVID-19. Nous estimons actuellement que l’impact négatif de COVID-19 représente une réduction d’environ un point de pourcentage de la croissance des revenus de PayPal pour le premier trimestre 2020, par rapport au Q1 2019. »

Vers une expansion plus rapide des Fintech après la crise ?

Peter Wannemacher, analyste principal chez Forrester Research, affirme que l’usage des solutions Fintech pourrait se généraliser dans la société après la pandémie. D’après lui, « il n’y a vraiment pas de bonne raison pour qu’un client d’une banque ne soit pas en mesure d’accomplir lui-même des tâches via un point de contact numérique. Je ne serais pas surpris si dans les deux ans, les applications numériques de services financiers se développent et mûrissent plus rapidement qu’au cours des cinq dernières années, car le COVID-19 aura fait en sorte que les fintechs soient prises plus au sérieux. À moins qu’elles ne soient contrecarrées par une récession si profonde que même les banques ne seraient pas en mesure de dépenser de l’argent. »

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