Solution de livraison à la demande pour commerces et enseignes de distribution, Deliver.ee a aussi subi la crise du COVID 19, comme de nombreuses autres entreprises. Afin de savoir comment la société a vécu cette épreuve, nous avons posé quelques questions à son CEO Michael S. Lévy, qui nous explique ce qui a changé depuis le confinement et aborde les répercussions sur le secteur.

Michael S. Lévy, co-fondateur et président de Deliver.ee

La crise du coronavirus et le confinement ont affecté bon nombre d’entreprises, quelles ont été les répercussions sur votre organisation et votre activité ?

Au niveau de notre organisation, toute l’équipe a été mise en télétravail le vendredi 13 mars. Nous avions l’habitude de travailler en « remote » régulièrement, et nous disposons d’outils de suivi et de collaboration efficaces qui étaient déjà en place. Nos travaux au quotidien n’ont pas été impactés.

Quant au business, lors de la mise en place du confinement, l’intégralité des points de vente de nos clients distributeurs de produits « non essentiels » a fermé. Mais cela a été compensé par un violent pic de demandes de tous nos clients enseignes de distribution alimentaire et de restauration. Pour certaines enseignes, la livraison à domicile au départ de leurs magasins était maintenue, mais leurs ressources de livraison étant saturées voire réduites, elles ont fait appel à nous et à notre réseau de transporteurs pour des renforts urgents, comme Toupargel dans plusieurs régions en France par exemple. En même temps, de nombreuses enseignes d’alimentation nous ont contactées pour mettre en place un service de livraison qui n’existait pas avant le confinement, comme Cerise et Potiron à Lyon.

Enfin, certains clients et prospects nous ont annoncé au début du confinement le report de leurs projets de déploiement avec nous. Quasiment tous ont fort heureusement repris au déconfinement la semaine du 11 mai dernier, mais nous accusons le coup de ce décalage de 3 mois.

La livraison est un secteur d’activité qui a dû être réadapté pour garantir la sécurité des personnes. Concrètement, qu’est-ce qui a changé ?

Il a fallu accompagner nos partenaires transporteurs pour appliquer les gestes barrières, afin qu’ils contribuent à limiter la propagation du virus, tout en maintenant ce service d’utilité publique qu’ils rendaient. Dès le 16 mars, nous avons mis en place  « la livraison sans contact » : remise des marchandises au pas de la porte, pas de signature du destinataire sur le mobile du livreur, utilisation de gel hydro-alcoolique pour un lavage des mains entre chaque livraison. Ces directives sont encore suivies actuellement, avec le port de masque, et ce jusqu’à nouvel ordre.

D’après vous, quel sera le futur de la livraison à la demande une fois la crise passée ?

La crise a accéléré la pénétration du e-commerce et l’adoption de la livraison à domicile, à la fois pour les commerçants pour qui cela est devenu un gage de survie et non un « gadget », et pour les consommateurs qui ont pu découvrir la praticité de se faire livrer leurs courses à domicile, alors qu’avant la crise moins de 10% des français faisaient leurs courses alimentaires en ligne pour se faire livrer à la maison.

C’est une totale digitalisation du commerce à marche forcée, alors qu’avant la crise de nombreuses enseignes, commerçants et restaurateurs n’avaient pas encore franchi le pas. Une étude américaine publiée par McKinsey fin avril a démontré qu’en 2 mois, la crise a accéléré de 2 ans le e-commerce aux États-Unis.

Pensez-vous que cet épisode va conduire à une évolution des habitudes de consommation ?

Tout à fait. Tous les restaurants et les commerces qui ont mis en place le « click and collect » (commande en ligne pour retrait en point de vente) et la livraison à domicile vont tous continuer à le proposer. Et donc ce mode d’achat en ligne va continuer de pénétrer le quotidien de tous les consommateurs qui sont clients de ces marques et de ces enseignes.

Nous le voyons très clairement avec la réouverture depuis 2 semaines des magasins de nos clients qui étaient fermés : les volumes quotidiens de livraison sont supérieurs à ceux du début du mois de mars. Leurs clients se font plus livrer qu’avant. C’est peut-être encore lié au déconfinement partiel, mais les volumes croissent toutes les semaines.

Deliver.ee cherche à collecter 500K€ sur myOptions, pour recruter massivement notamment. Est-ce que la crise va contrecarrer vos plans ?

Au contraire, nous avons la chance d’être sur un secteur clé, avec un modèle qui fait que notre société est résiliente, même en temps de crise, et qui a bénéficié d’un fort accroissement d’activité ces trois derniers mois. C’est une opportunité d’accélérer notre développement commercial et les projets d’évolution de notre plateforme technologique. Nous avons d’ailleurs déjà embauché quatre personnes depuis le début de la crise, et nous avons encore quatre postes à pourvoir actuellement.

Les prochaines grandes étapes pour nous sont le déploiement de plusieurs clients majeurs d’ici la pause estivale, la consolidation de notre part de marché en France, le lancement de la nouvelle version de notre suite logicielle de gestion unifiée du transport, et l’expansion de notre activité en Europe et aux États-Unis.

Vous souhaitez contribuer au projet de Deliver.ee ? Cliquez sur ce lien, pour accéder à la campagne en cours sur notre plateforme. 

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