EY a publié son 5ème observatoire des directions juridiques, qui a pour thème central l’innovation. L’étude traite de la place de l’innovation dans les services juridiques en entreprise, ses objectifs, sa mise en place, les principaux outils utilisés, l’impact de l’innovation sur les métiers juridiques…

L’innovation, en priorité pour déployer de nouveaux processus ou pour automatiser ceux existants

Premier constat du rapport, dans les directions juridiques l’innovation sert avant tout à :

  • Déployer de nouveaux processus ou automatiser les processus existants (78%).
  • Simplifier (58%).
  • Mettre en oeuvre de nouvelles modalités de management (53%).
  • Introduire de nouvelles techniques juridiques (52%).
  • Optimiser la chaîne de valeur (51%).
  • Renouveler l’expérience client (29%).

Un outil permettant aux directions juridiques de légitimer leur existence au sein des entreprises

Autre point traité par l’étude, les avantages de l’innovation pour les directions juridiques. Les sondés affirment en effet que lorsqu’elle est utilisée en interne, l’innovation leur permet de :

  • Positionner la direction juridique comme un acteur clé et visible dans l’entreprise (24%).
  • Bénéficier des dernières nouveautés technologiques, pour rationaliser certaines missions à faible valeur ajoutée et améliorer la productivité (23%).
  • Transformer la fonction juridique pour accroître sa performance (23%).
  • Renforcer les relations avec les opérationnels, pour mieux les sensibiliser à maîtriser les risques juridiques qu’ils prennent (16%).

81% des directions juridiques ne disposent pas de ligne budgétaire dédiée à l’innovation

Une majorité écrasante des directions juridiques ne possède aucun budget dédié à l’innovation et à la mise en place de nouveaux dispositifs innovants. Ceci dit, les responsables sondés par EY sont unanimes sur le fait qu’à l’avenir, des ressources seront affectées pour toutes les idées innovantes qui émanent de leurs juristes. En plus du budget, le temps consacré à l’innovation au sein des directions juridiques est également très faible : seulement 10,1% du temps de travail total. Ces services sont également assez peu portés sur l’embauche de profils atypiques comme des ingénieurs, développeurs ou designers. 72% des sondés affirment en effet ne pas intégrer ce type de profils dans leurs équipes.

Plus de la moitié des responsables juridiques ne connaissent pas la Legaltech

Le rapport met également en lumière le très faible niveau d’information des responsables juridiques en matière d’innovation. 54% des répondants ne connaissent en effet aucune entreprise faisant partie des Legaltech. Seules 2,6 organisations relatives à l’innovation juridique sont en moyenne connues par les sondés, parmi 15 organisations françaises et étrangères qui leur ont été proposées.

54% des responsables juridiques sondés ne connaissent aucune société faisant partie des Legaltech. Crédits photo : Pexels / Energepic

52% des directions n’ont pas mis en place d’actions pour innover, ou en sont encore au stade de la réflexion

L’émergence discrète des Legaltech, couplée au manque d’informations et d’accompagnement dont disposent les directions juridiques, fait que la majorité d’entre elles (52%) n’ont toujours pas mis en place d’actions pour innover ou sont encore au stade de la réflexion. En moyenne, elles n’obtiennent que la note de 2,6 sur 5 en ce qui concerne leur maturité en matière d’innovation. Une faible moyenne, qui peut s’expliquer par un autre constat permis par l’étude : seuls 5% des répondants placent l’innovation au cœur de leur fonctionnement.

Des outils de gestion de contrats ou de facturation électronique adoptés par les directions juridiques innovantes

Selon l’Observatoire, un petit pourcentage d’entreprises possédant des directions juridiques « à la pointe » mettent en place un certain nombre d’actions en interne, pour garder un avantage concurrentiel :

  1. Elles adoptent des outils de gestion de contrat (30%), de facturation électronique (22%) ou de collaboration à destination des opérationnels (21%).
  2. Elles incitent leurs collaborateurs à innover (50%), notamment les plus jeunes via des groupes de travail, des formations ou un accompagnement par des conseils.
  3. Elles réalisent des benchmarks pour évaluer leur degré de maturité, qui portent sur les pratiques : des directions juridiques d’entreprises du marché français (30%), international (23%), de leurs concurrents (28%), des autres départements de leur entreprise (21%).
  4. Elles mettent en place un plan de formation dédié (68%), qui porte sur : l’utilisation de nouveaux outils (54%), le management pour favoriser l’innovation au quotidien (49%), la participation à des événements (43%), l’apprentissage de nouvelles méthodologies (38%), le développement personnel par l’innovation et la créativité (27%).

3 actions déployées au quotidien pour stimuler l’innovation en entreprise

Le rapport d’EY dégage 3 actions que les directions juridiques à la pointe mettent en place quotidiennement, pour stimuler l’innovation en interne :

  • Régulièrement brainstormer en équipe (39%).
  • Déployer des actions d’amélioration continue des méthodes de travail (38%).
  • Mettre en place des actions pour identifier de nouvelles solutions au sein de la direction juridique (35%).

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