Beaucoup d’entreprises cherchent à mettre en place une culture de l’innovation en interne. Pour notamment être proactifs dans la création de nouveaux dispositifs et ainsi se démarquer de leurs concurrents. Afin de dégager les points clés permettant aux sociétés de créer un tel état d’esprit dans leurs rangs, le média Inc. a interrogé Doug Hall. L’homme, qui était « Master Marketing Inventor » chez Procter & Gamble, comptabilise plus de 40 ans d’expérience dans le conseil aux entreprises. Sa mission ? Les aider à développer leurs capacités à innover. Pour lui, il existe 5 prérequis indispensables :

Se mettre d’accord sur la définition de l’innovation :

Premièrement, il faut déjà réussir à définir la nature d’une innovation. Est-ce forcément un produit/service disruptif, ou peut-on utiliser ce terme dès lors que l’on peaufine une fonctionnalité, que l’on met à jour un projet ? Selon Doug Hall, « on définit une idée comme étant une innovation à partir du moment, où elle est unique. Pour s’en assurer : il faut demander aux clients quelle est la probabilité qu’ils achètent le produit/service, et en quoi ils perçoivent l’idée comme étant nouvelle et unique ». Ainsi, en partant du principe qu’une innovation doit être inédite et significative, les entreprises s’engagent dans une étude rigoureuse auprès de leurs prospects. Cette étude leur permet d’attester du côté innovant de leur projet. Les résultats qui en découlent ensuite reposent alors sur des preuves factuelles, grâce auxquelles ils sont en mesure de bien élaborer leur concept.

Considérer toutes les idées imaginées et ne pas avoir peur de l’échec :

Il n’est pas simple d’avoir une idée réellement unique, dans le sens où elle n’a jamais été réalisée auparavant. Les entrepreneurs qui ont de telles idées sont souvent gênés par la peur d’échouer ou d’être ridicules, étant donné que ces nouveaux concepts sortent bien souvent de la norme. En entreprise, une culture innovante doit donc être disposée à considérer toutes les idées imaginées, même les plus mauvaises ou farfelues. De plus, l’échec fait partie intégrante du processus entrepreneurial et sert bien souvent à mieux peaufiner son projet par la suite.

Réaliser des études et des statistiques :

Faire preuve de créativité est, à priori, à la portée de tout le monde. Cependant, la plupart des échecs rencontrés lors de l’élaboration d’un projet innovant sont dus à l’incapacité du porteur de projet à déterminer la viabilité commerciale de son idée. La plupart des idées échouent car il n’existe pas de marché pour elles. Par conséquent, la première considération en matière de viabilité est de déterminer la volonté des clients de l’acheter. Vous pouvez facilement le faire en effectuant des tests en personne et des enquêtes pour valider votre concept rapidement. Ensuite, vous devez déterminer si vous pouvez réellement commercialiser votre produit/service à un prix que le marché est prêt à payer. Cela nécessite davantage de recherche, et même si il s’agit probablement de l’étape qui déplaît le plus dans le processus, elle est essentielle. Elle permet en effet de bien évaluer son concept avant de se lancer dans un autre processus plus onéreux : son lancement sur le marché.

Breveter ses idées :

Cela peut paraître logique mais comme Doug Hall le rappelle, « la norme la plus élevée pour attester du caractère unique et significatif d’une innovation est le fait qu’elle soit brevetée. Les idées brevetées ne sont, par définition, pas évidentes à comprendre pour les personnes non-initiées qui ne possèdent pas de compétences dans le secteur d’activité visé ». Le dépôt d’un brevet peut ainsi permettre, d’une part d’attester du caractère innovant d’un produit ou service, mais peut également être didactif en expliquant de façon détaillée le concept en lui-même.

Être passionné :

Pour qu’une innovation soit réussie, il est nécessaire que le porteur de projet soit passionné. Ainsi, toujours selon Doug Hall : « Innovation égal changement, et travailler sur des solutions qui apportent un changement significatif requiert un gros investissement en termes d’énergie. La seule façon de contenir toute l’énergie nécessaire à la commercialisation d’une telle idée est de vraiment aimer le projet ».

Source : Inc.